Merci à tous ceux qui ont pris la peine de m'envoyer un petit mot d'encouragement, ça me fait vraiment chaud au cœur.
Une visite à mon chirurgien, ce sont d'abord beaucoup de mauvais souvenirs qui remontent à la surface. J'essaie de les chasser, de ne pas y penser, mais quand je traverse le parc de la clinique où j'ai passé les pires jours de ma vie, je ne peux empêcher une espèce de panique terrifiée de pointer. Garde ton calme.
En fait, presque à un an de l'accident à la con, je devais le revoir pour fixer éventuellement la date "d'ablation du matériel", sous-entendu sortir les 7 vis, la plaque et les câbles qui ont permis à mon plateau tibial de se reconsolider. Je pensais très fort "Et après BASTA!"
Sauf que, évidemment, les choses ne se passent jamais comme on le voudrait. La radio montre clairement que l'os n'est pas très beau.
Curieusement, pas le tibia qui a été fracturé, mais le fémur au-dessus de l'articulation. Une réaction inflammatoire liée au traumatisme, de la décalcification et une sensibilité vraiment pointue à la douleur lors des séances kiné, tout ça est un syndrome neurologique nommé algodystrophie. Ça peut faire peur, mais ce n'est pas vraiment inquiétant, un effet secondaire. D'autant plus que comme j'ai fini la kiné, je n'ai plus mal. Il va juste me falloir recalcifier mon os, pas une mince affaire en fait!
La vraie mauvaise nouvelle par contre, c'est que rien ne me garantie qu'une fois le métal parti, je retrouve mon genou à 100%. Le chir' va bien "décoller" le muscle pendant l'opération, et profiter de ce que je me trouve sous morphine ensuite, pour activer le genou immédiatement (contrairement à ce que j'avais eu la 1ère fois, où le genou a été bien sûr immobilisé plusieurs semaines, une différence de taille!).
Mais pour lui, il y a des chances pour que je ne récupère pas entièrement, on est simplement sûr de rien. Ce n'est pas vraiment une surprise, je m'en doutais un peu, vu que presque un an après, je ne peux toujours ni m'accroupir, ni plier à plus de 100°.
Donc, l'os n'étant pas en pleine forme, on va attendre encore six mois et voir à ce moment-là.
Pourquoi est-ce que j'écris des chroniques du genou?
car je vois que certains atterrissent ici parce qu'ils cherchent des infos sur leur fracture du plateau tibial, qu'ils ne savent pas à quoi s'attendre, et qu'ils sont peut-être entrain de vivre ce par quoi je suis moi-même passée il y a un an. Quand on se retrouve dans cet état, on voudrait pouvoir se projeter, et se dire qu'un jour le pire sera derrière soi.
Pour mon cas, je sais que le pire est derrière moi, c'est une espèce de leitmotiv qui me permet de ne pas trop flipper. Mais l'année dernière, je potassais avec ardeur les forums des opérés du genou parce que j'étais dans le flou et la peur. Ça m'a vraiment aidée. Alors si je peux apporter à mon tour un peu de réconfort en ces périodes de fractures de plateau tibial, c'est bien le moins que je puisse faire.